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S’escagasser autant d’heures pour faire couler cyprine, sperme et sueur devrait mériter des flopées d’amour et de félicitations, au lieu de torrents de haines en commentaires sur Internet ou en coups sur le trottoir. Cinquante ans après l’occupation de l’église Saint-Nizier à Lyon (https://tullia.fr/), où les travailleuses du sexe dénonçaient le harcèlement policier dont iels étaient victimes, et en ce jour de lutte contre les violences faites aux TDS, quelles évolutions ?
L’année dernière, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, après le recours de 261 TDS sur la loi de pénalisation des clients de 2016, se retranchait derrière la marge d’appréciation des états, en l’absence d’un consensus européen. Ce consensus existe pourtant bien entre les concerné·es pour déclarer cette loi putophobe. À les repousser hors des villes, les censurer sur Internet et ne leur proposer que de la répression au lieu du droit commun, la loi française pousse à la précarité et met en danger les TDS, tout particulièrement celleux sans papier qui doivent lutter contre le racisme et la xénophobie d’État. Depuis 2022, le travail du sexe est dépénalisé en Belgique puis, en 2024, les TDS rejoignent le droit commun. La colère de Sainte-Pouffe ne s’est pas abattue sur le royaume. Alors, devra-t-on, comme pour le mariage pour toustes, égrainer nos chapelets et battre le pavé pendant une décennie avant que la France ne cesse d’être une grenouille de bénitier ? Aujourd’hui, le Couvent du Nord souhaite rendre honneur à nos adelphes. À vous qui trimez sur les pavés en talons dans le froid, à vous qui tentez de trouver le bon angle devant votre caméra, à vous qui êtes épuisé·es après les heures de tournage, à vous qui faites de l’accompagnement sexuel, à vous qui créez de l’art pute, à vous qui militez à visage découvert, à vous qui œuvrez dans l’anonymat pour vous préserver et à tou·tes celleux qui ont été TDS d’un soir pour payer une facture de trop. Quel que soit votre genre, vos origines, vos croyances, vous nous êtes précieux·ses, vous êtes merveilleux·ses et vous trouverez toujours sous nos cornettes une oreille, une capote ou une paillette pour vous dépanner. Nous continuerons de marcher avec vous jusqu’à l’obtention du droit commun, jusqu’à l’abolition de la loi de pénalisation des client·es et pour faire la fête toustes ensemble, parce que, bordel, on en a bien besoin ! Nous vous rappelons les contacts utiles :
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Juin 2024
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