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Jean Ferrat chantait : « Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent ». Parmi tous ces déportés se trouvaient aussi des déportées.
En ce 26 avril, à la fois jour du souvenir des victimes de la déportation et de la visibilité lesbienne, le Couvent du Nord rappelle que, dans les triangles noirs, portés par celleux qu’on qualifiait d’asociaux ou d’asociales, se trouvaient des sœurs. Contrairement au triangle rose, assigné aux gays, les lesbiennes connurent une nouvelle invisibilisation dans la Shoah. Chaque année, grâce au travail de militantes, nous accédons à ces pans de notre histoire. Connaissez-vous Eva Kotchever, tenancière du Eve’s Hangout à New York que les États-Unis ont expulsé car ouvertement lesbienne en plus d’être polonaise. Elle est arrêtée à Nice en 1943 et meurt à Auschwitz la même année. Nous découvrons aussi comment certaines sont parvenues à trouver l’amour dans ces temps d’horreur, à l’instar de Nelly Mousset-Vos et Nadine Hwang. Elles se rencontrent à Ravensbrück à la Noël 1944, puis sont séparées au moment de la débâcle de l’Allemagne nazi. Elles parviennent cependant à se retrouver à la Libération et à vivre ensemble, jusqu’au décès de Nadine en 1972. En ce jour, les Sœurs se souviennent de toustes ces adelphes disparu·es dans les camps, celleux dont des traces et des souvenirs nous sont parvenus, mais aussi celleux dont plus rien ne persiste. Nous savons que le Paradisco les a reccueilli·es. « À la recherche d’Eva Kotchever », documentaire de Clémence Allezard, France Culture, 25 janvier 2026 (https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-a-la-recherche-d-eva-kotchever). Nelly Mousset-Vos & Sylvie Bianchi, Ravie au monde : journal (1943-1945), Paris, Éditions les Léonides, 2026. Sœur 1 : Cher·es ouailles, bien cher·es adelphes de Faches-Thumesnil et d’ailleurs. Quel plaisir de revenir dans Jacques Brel pour cette dernie…
Sœur 2 : Nouvelle ma Sœur, nouvelle édition du bal des fiertés faches-thumesniloises ! Sœur 1 : Ah oui, la quatrième ! Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de venir l’année précédente, nous rappelons que nous ne sommes pas des drags mal makeupées. Sœurs 2 : Iels ont tenté de nous apprendre des trucs dans les loges, mais on comprend toujours pas. Sœur 1 : Nous sommes les Sœurs de la perpétuelle indulgence du Couvent du Nord ! Sœur 2 : Un ordre pauvre, agnostique et dérisoire de folles RA-DI-CALES ! Sœur 3 : En 1979, des pédés s’habillent en bonnes sœurs pour blaguer. Ils partent à Castro, le quartier gay de San Francisco, et, au fil des discussions, gays, lesbiennes, bi·es et personnes trans se confient à ces nonnes à barbe. Sœur 4 : Elles écoutent, recueillent les confessions et tentent d’apporter du baume au cœur à nos communautés. Quelques années plus tard, l’épidémie du VIH/SIDA débute. Sœur 3 : Les Sœurs publient la première brochure de réduction des risques, elles accompagnent les malades et leurs proches, puis, quand iels rejoignent le Paradisco, elles officient pour mêler les paillettes aux larmes. Sœur 4 : Mais sous les paillettes et les larmes : la rage. La rage pour continuer à nous aimer et à militer toustes ensemble, pour défendre nos droits et en acquérir de nouveaux. Sœur 1 : Comme on le disait l’année passée : « Un sachet de Smecta n’a jamais guéri de la peste brune » et avec la mairie qui a viré sa cuti, on a eu un peu peur. Sœur 2 : Mais au final, que d’inclusivité apportée par la nouvelle équipe, de quoi nous rassurer pour l’avenir ! Sœur 1 : Les personnes aveugles, malvoyantes ou daltoniennes ne peuvent pas voir le drapeau arc-en-ciel comme les valides ? Sœur 2 : Hop, on l’enlève. Sœur 1 : Les personnes à mobilité réduite, en incapacités de marcher ou qui ne peuvent pas venir ne peuvent suivre le défilé ? Sœur 2 : Hop, on annule la marche. Sœur 1 : Vous n’avez pas les moyens d’investir dans un superbe GSM pour faire vos Tik Tok ou filmer les repas de famille ? Sœur 2 : Aucun souci, avec l’installation des cent caméras de vidéosurveillances, tout le monde pourra demander sa cassette à la mairie ! Sœur 1 : Et si malgré tout ça vous avez des problèmes, rassurez-vous, les effectifs de la police municipale seront triplés ! Sœur 2 : Après tout, les gens, c’est un peu comme des vieux téléviseurs : un bon coup et ça résoud le problème ! Sœur 1 : Ce n’est pas les wokistes qui auraient pensé à ça. Sœur 2 : Checkez vos privilèges et les origines d’une décision avant de la critiquer. Sœur 1 : Les gens de droite, eux, ils voient pas les différences et ça c’est beau. Sœur 3 : Moi non plus je vois pas les différences ! Sœur 4 : Ça s’est parce que t’as encore des paillettes de la dernière action dans les yeux ma sœur ! Sœur 3 : Ah oui, c’est vrai que eux y z’ont pas ce petit éclat dans le regard que donne la grosse paillette sous la paupière. Sœur 4 : L’universalisme républicain et la neutralité, ça pulse moins qu’une extase mystchique. Sœur 3 : Celle dont parlait l’écrivaine lesbienne étatsunienne Fran Lebowitz : « Il n’y a rien de mieux pour une ville qu’une grande foule d’homosexuel·les en colère ». Sœur 4 : Enlever nos symboles ne nous fera pas disparaître. Sœur 3 : Supprimer nos manifestations ne nous fera pas taire. Sœur 4 : Un Couvent ça a du coffre, alors, toustes ensemble, des butchs barytons aux folles sopranos, imaginez la puissance de notre choeur transpédégouine. Sœur 2 : Chaque année, les collectifs flamboyants de notre région s’organisent et nous le prouvent ! Sœur 1 : Iels nous apportent régulièrement des petites bulles TPG qui nous font tant de bien. Sœur 2 : Contre vents et en dehors du marais, iels ont taffé ces derniers mois pour que nous puissions nous retrouver ici et aujourd’hui. Sœur 1 : Sainte-Pouffe envoie parfois des épreuves et iels n’ont jamais lâché l’affaire pourtant, alors nous pouvons les applaudir et les remercier ! Sœur 2 : Merci à vous, cher·e Baragouine et cher·e Théière ! Sœur 1 : À présent, nous appelons tout le monde ! Celleux qui aiment porter des perles et celleux qui préfèrent les enfiler. Les culs internationaux qui pratiquent par plaisir ou bien parce qu’il y a la marmite à faire bouillir. Sœur 2 : Celleux qui préfèrent se rapprocher pour s’embrasser plutôt que pour s’engueuler. Les adeptes des lancés de pavés et celleux qui aiment y marcher. Sœur 3 : Les gros, les pédés, les gros pédés, les folles, celleux qui sont perdu·es et les folles perdues. Les camionneuses à gros engins, les lipsticks avec leur sac à main et les goudous avec leurs chiens. Sœur 4 : Les femmes voilées à voile et à vapeur et les mecs polya en kipa qui s’aiment à trois. Celleux qui roulent, qui sautillent, qui accourent en béquilles vers leurs amours. Sœur 1 : Celleux qui s’aiment sans frontière, qui les traversent, qui se réfugient parce qu’iels ne peuvent plus vivre dans leur pays. Les vieux prolos qui aiment Britney et les jeunes gardes qui chantent Charles Trenet. Sœur 2 : Celleux qui perdurent à aller au front, les enragé·es, les acharné·es, les militant·es inconnu·es et toustes celleux qui nous sont cher·es. Sœur 3 : Par les pouvoirs que nous nous sommes conféré·es, et par ce que vous le valez bien, nous vous plaçons sous la très haute bienveillance de : Sainte Pouffe, Patronne des Couvents de France Sainte Sapho, Patronne des filles qui aiment les filles Sainte Tapiola, Patronne des garçons qui aiment les garçons Sainte Cyclette, Patronne des biEs Saint Jean d’Arc, Patron des Transgenres Sainte Herculine, Patron des Intersexes, Saint Hole, Patron de nos douleurs Saint Glitter, Patron de nos paillettes Sainte Etyk, Patronne de nos fourrures Saint Doux, Patron des formes généreuses Sainte Rita, patronne des causes désespérées et donc des hétéros Sœur 3 : et de nos guides stellaires : nos ami·es, familles, amant·es et héro·ïnes qui nous regardent depuis le Paradisco quelque part au-delà de l’arc-en- ciel. Sœur 4 : Alors aimez vous les uns les autres, sous la sainte protection de : Saint Latex, Saint Gel À queues, Saint Fémidon, Sainte Digue Dentaire, Sainte Seringue et Sainte Rouletapaille à usage unique, Saint gant de latex Sainte PreP Et de Sainte Trithérapie. Amen, and a women, and all the others ! Sœur 1 : Tant qu’il nous faudra de la Joie pour effacer les peines, tant que nos Amours ne seront pas reconnus, tant que le Sida ne sera pas vaincu, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence seront là, partout dans le Monde. Cliquez ici pour modifier un élément.. Sœur 1 : Bonsoir à toustes ! Nous ne sommes pas des tantes gênantes !
Sœur 2 : Enfin pas toutes ! Sœur 1 : Nous sommes les Sœurs de la perpétuelle indulgence du Couvent de Bas de Belgique ! Sœur 2 : Si vous ne nous connaissez pas, laissez-nous vous compter le début de cette blague. Sœur 1 : Tout a commencé un samedi, un dimanche ou un lundi de pâques (les historien·nes se disputent encore là-dessus) de 1979 à San Francisco. Quatre pédés s’embêtaient et, pour s’amuser, se sont déguisés avec des costumes de bonnes sœurs ayant servi à jouer La Mélodie du bonheur. Ils s’en vêtirent, prirent des pistolets à eau et se rendirent dans Castro, le quartier LGBTQ+ de la ville. Sœur 2 : Ils pensaient faire rire les copaines, mais ce qui s’est passé en ce jour a été au-delà de leur prévision, car en envoyant de l’eau (pas encore bénite), ils reçurent des confidences et des confessions. Le costume les avait anonymisés, permettant aux personnes de la communauté de parler en toute confidentialité de leur vie cachée d’homosexuel·les, de la honte ressentie, de l’homophobie vécue dans leur milieu pro, familial, social… Sœur 1 : Ces quatre pédales devinrent les petites sœurs de l’arc-en-ciel et, petit à petit, de cette blague en est sorti un ordre pauvre, agnostique et dérisoire de folles RA-DI-CALES. Sœur 3 : D’autres couvents s’érigèrent aux États-Unis, puis en Europe, dès nonante pour la France et les années 2020 [vinte] pour Bruxelles ! Sœur 4 : L’alliance du welsh et de la pêche au thon plus fort que la haine et les fachos.b Sœur 3 : Une alliance transpédégouines et bi·es aussi ! Sœur 1 : Et même avec des hétéros, on n’est pas sectaire ! Sœur 4 : LGBTQIA+… On sait bien que notre sigle a pas d’allure, mais on est fier de tout notre alphabet et il n’existe pas de solidarité sans les T ! Sœur 3 : Depuis 4 ans, avec constance, camaraderie et empathie, cher·e TSFB, vous nous le rappelez. Sœur 4 : Nous sachons aussi que la solidarité ne se fait pas sans monnaie et que si chaque mois des adelphes bénéficient de votre aide, c’est par le miracle du ruissellement ! Sœur 3 : Ma Sœur, quand ça vient d’en bas, on parle de l’évaporation. Sœur 4 : Très bien, alors ce soir, évaporons ensemble pour remplir les caisses du TSFB ! Que vous soyez kiffeurs/kiffeuses ou non, suez de l’argent pour cette levée de fionds et bourrez la cochonne ! Sœur 5 : Si vous ne pouvez pas contribuer par de la monnaie sonnante et trébuchante… Sœur 6 : C’est pas à la portée de tout le monde de bourrer les troncs d’église comme Pierre-Édouard Stérin. Sœur 5 : Les moyens pour filer un coup de main au TSFB sont multiples : coller leurs stickers, organiser des événements en leur faveur, relayer les infos de leurs comptes et parler d’elleux autour de vous ! Sœur 6 : Enfin tout ça on peut le faire si on a la motivation, qu’on réussit à prendre soin des un·es des autres. En faisant communauté on peut parvenir à traverser le quotidien. Sœur 5 : Les fantastiques groupes de ce soir le chantent à merveille, que ce soit l’amour de soi à soi quand on s’autogynéphile. Sœur 6 : On se croise dans le miroir, ça donne un peu chaud et quand on s’aborde dans la rue, on prend notre numéro. Sœur 5 : Puis si vous débordez d’amour pour vos ami·es, don’t forget to worship their titties, worship their cock, or even their pussies. Sœur 6 : Peu importe votre genre, femme, homme, hélicoptère de combat, prince ou princess, your pronouns can be her majesty or whatever you want. Sœur 7 : Toustes ensemble, ce soir, remémorons-nous que danser = vivre, que militer, c’est aussi s’amuser pour se retrouver, créer des solidarités, parce que nous ne sommes pas seul·es. Sœur 8 : Si nous louons Sainte-Pouffe que le TSFB fête ses 4 ans, nous la prions toute autant pour qu’un jour vous n’ayez plus besoin d’exister, qu’un jour la société soit enfin ajustée, comme vous le dites. Sœur 7 : En attendant cette heure bénie du Grand soir, pour un monde qui chante et qui danse, où règnent enfin l’amour et la joie, la Perpétuelle Indulgence continue avec vous son divin combat ! Sœur 8 : Il est maintenant venu le temps de la bénédiction ! Sœur 7 : Par les pouvoirs que nous nous sommes conféré·es, et par ce que vous le valez bien, nous vous plaçons sous la très haute bienveillance de : Sœur 8 : Sainte Pouffe, Patronne des Couvents de France Sœur 7 : Sainte Sapho, Patronne des filles qui aiment les filles Sœur 8 : Sainte Tapiola, Patronne des garçons qui aiment les garçons Sœur 7 : Sainte Cyclette, Patronne des biEs Sœur 8 : Saint Jean d’Arc, Patron des Transgenres Sœur 7 : Sainte Herculine, Patron des Intersexes, Sœur 8 : Saint Hole, Patron de nos douleurs Sœur 7 : Saint Glitter, Patron de nos paillettes Sœur 8 : Sainte Etyk, Patronne de nos fourrures Sœur 7 : Saint Doux, Patron des formes généreuses Sœur 8 : Sainte-Lassie, chienne entre les chiennes Sœur 7 : Sainte Rita, patronne des causes désespérées et donc des hétéros Sœur 9 : Nous vous plaçons sous la très haute protection de nos guides stellaires : nos ami·es, familles, amant·es et héro·ïnes qui nous regardent depuis le Paradisco quelque part au-delà de l’arc-en- ciel. Sœur 10 : Alors aimez-vous les uns les autres, sous la sainte protection de : Saint Latex, Saint Gel À queues, Saint Fémidon, Sainte Digue Dentaire, Sainte Seringue et Sainte Rouletapaille à usage unique, Saint gant de latex, Sainte PreP et de Sainte Trithérapie. Amen, and a women, and all the others ! Pour soutenir le TSFB : https://www.tsfb.be/fr/ Cliquez ici pour modifier un élément.. |
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