Couvent du Nord - Soeurs de la Perpetuelle Indulgence
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Les Sœurs sont de sortie !

Bal de fiertés Faches Thumesnil

25/4/2026

 
Sœur 1 : Cher·es ouailles, bien cher·es adelphes de Faches-Thumesnil et d’ailleurs. Quel plaisir de revenir dans Jacques Brel pour cette dernie… 
Sœur 2 : Nouvelle ma Sœur, nouvelle édition du bal des fiertés faches-thumesniloises ! 
Sœur 1 : Ah oui, la quatrième ! Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de venir l’année précédente, nous rappelons que nous ne sommes pas des drags mal makeupées.
Sœurs 2 : Iels ont tenté de nous apprendre des trucs dans les loges, mais on comprend toujours pas.
Sœur 1 : Nous sommes les Sœurs de la perpétuelle indulgence du Couvent du Nord !
Sœur 2 : Un ordre pauvre, agnostique et dérisoire de folles RA-DI-CALES !
Sœur 3 : En 1979, des pédés s’habillent en bonnes sœurs pour blaguer. Ils partent à Castro, le quartier gay de San Francisco, et, au fil des discussions, gays, lesbiennes, bi·es et personnes trans se confient à ces nonnes à barbe.
Sœur 4 : Elles écoutent, recueillent les confessions et tentent d’apporter du baume au cœur à nos communautés. Quelques années plus tard, l’épidémie du VIH/SIDA débute.
Sœur 3 : Les Sœurs publient la première brochure de réduction des risques, elles accompagnent les malades et leurs proches, puis, quand iels rejoignent le Paradisco, elles officient pour mêler les paillettes aux larmes.
Sœur 4 : Mais sous les paillettes et les larmes : la rage. La rage pour continuer à nous aimer et à militer toustes ensemble, pour défendre nos droits et en acquérir de nouveaux.

Sœur 1 : Comme on le disait l’année passée : « Un sachet de Smecta n’a jamais guéri de la peste brune » et avec la mairie qui a viré sa cuti, on a eu un peu peur.
Sœur 2 : Mais au final, que d’inclusivité apportée par la nouvelle équipe, de quoi nous rassurer pour l’avenir !
Sœur 1 : Les personnes aveugles, malvoyantes ou daltoniennes ne peuvent pas voir le drapeau arc-en-ciel comme les valides ?
Sœur 2 : Hop, on l’enlève.
Sœur 1 : Les personnes à mobilité réduite, en incapacités de marcher ou qui ne peuvent pas venir ne peuvent suivre le défilé ?
Sœur 2 : Hop, on annule la marche.
Sœur 1 : Vous n’avez pas les moyens d’investir dans un superbe GSM pour faire vos Tik Tok ou filmer les repas de famille ? 
Sœur 2 : Aucun souci, avec l’installation des cent caméras de vidéosurveillances, tout le monde pourra demander sa cassette à la mairie !
Sœur 1 : Et si malgré tout ça vous avez des problèmes, rassurez-vous, les effectifs de la police municipale seront triplés !
Sœur 2 : Après tout, les gens, c’est un peu comme des vieux téléviseurs : un bon coup et ça résoud le problème !
Sœur 1 : Ce n’est pas les wokistes qui auraient pensé à ça. 
Sœur 2 : Checkez vos privilèges et les origines d’une décision avant de la critiquer.
Sœur 1 : Les gens de droite, eux, ils voient pas les différences et ça c’est beau.
Sœur 3 : Moi non plus je vois pas les différences !
Sœur 4 : Ça s’est parce que t’as encore des paillettes de la dernière action dans les yeux ma sœur !
Sœur 3 : Ah oui, c’est vrai que eux y z’ont pas ce petit éclat dans le regard que donne la grosse paillette sous la paupière.
Sœur 4 : L’universalisme républicain et la neutralité, ça pulse moins qu’une extase mystchique. 
Sœur 3 : Celle dont parlait l’écrivaine lesbienne étatsunienne Fran Lebowitz : « Il n’y a rien de mieux pour une ville qu’une grande foule d’homosexuel·les en colère ».
Sœur 4 : Enlever nos symboles ne nous fera pas disparaître.
Sœur 3 : Supprimer nos manifestations ne nous fera pas taire.
Sœur 4 : Un Couvent ça a du coffre, alors, toustes ensemble, des butchs barytons aux folles sopranos, imaginez la puissance de notre choeur transpédégouine.

Sœur 2 : Chaque année, les collectifs flamboyants de notre région s’organisent et nous le prouvent !
Sœur 1 : Iels nous apportent régulièrement des petites bulles TPG qui nous font tant de bien.
Sœur 2 : Contre vents et en dehors du marais, iels ont taffé ces derniers mois pour que nous puissions nous retrouver ici et aujourd’hui.
Sœur 1 : Sainte-Pouffe envoie parfois des épreuves et iels n’ont jamais lâché l’affaire pourtant, alors nous pouvons les applaudir et les remercier !
Sœur 2 : Merci à vous, cher·e Baragouine et cher·e Théière !

Sœur 1 : À présent, nous appelons tout le monde ! Celleux qui aiment porter des perles et celleux qui préfèrent les enfiler. Les culs internationaux qui pratiquent par plaisir ou bien parce qu’il y a la marmite à faire bouillir. 
Sœur 2 : Celleux qui préfèrent se rapprocher pour s’embrasser plutôt que pour s’engueuler. Les adeptes des lancés de pavés et celleux qui aiment y marcher. 
Sœur 3 : Les gros, les pédés, les gros pédés, les folles, celleux qui sont perdu·es et les folles perdues. Les camionneuses à gros engins, les lipsticks avec leur sac à main et les goudous avec leurs chiens.
Sœur 4 : Les femmes voilées à voile et à vapeur et les mecs polya en kipa qui s’aiment à trois. Celleux qui roulent, qui sautillent, qui accourent en béquilles vers leurs amours.
Sœur 1 : Celleux qui s’aiment sans frontière, qui les traversent, qui se réfugient parce qu’iels ne peuvent plus vivre dans leur pays. Les vieux prolos qui aiment Britney et les jeunes gardes qui chantent Charles Trenet. 
Sœur 2 : Celleux qui perdurent à aller au front, les enragé·es, les acharné·es, les militant·es inconnu·es et toustes celleux qui nous sont cher·es. 
Sœur 3 : Par les pouvoirs que nous nous sommes conféré·es, et par ce que vous le valez bien, nous vous plaçons sous la très haute bienveillance de :
Sainte Pouffe, Patronne des Couvents de France
Sainte Sapho, Patronne des filles qui aiment les filles
Sainte Tapiola, Patronne des garçons qui aiment les garçons
Sainte Cyclette, Patronne des biEs
Saint Jean d’Arc, Patron des Transgenres
Sainte Herculine, Patron des Intersexes,
Saint Hole, Patron de nos douleurs
Saint Glitter, Patron de nos paillettes
Sainte Etyk, Patronne de nos fourrures
Saint Doux, Patron des formes généreuses
Sainte Rita, patronne des causes désespérées et donc des hétéros
Sœur 3 : et de nos guides stellaires : nos ami·es, familles, amant·es et héro·ïnes qui nous regardent depuis le Paradisco quelque part au-delà de l’arc-en- ciel.
Sœur 4 : Alors aimez vous les uns les autres, sous la sainte protection de :
Saint Latex,
Saint Gel À queues,
Saint Fémidon,
Sainte Digue Dentaire,
Sainte Seringue et Sainte Rouletapaille à usage unique,
Saint gant de latex
Sainte PreP
Et de Sainte Trithérapie.
Amen, and a women, and all the others !
Sœur 1 : Tant qu’il nous faudra de la Joie pour effacer les peines, tant que nos Amours ne seront pas reconnus, tant que le Sida ne sera pas vaincu, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence seront là, partout dans le Monde.

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Réaction aux propos d'Elisabeth Roudinesco sur Quotidien

12/3/2021

 
Nous avons eu avant-hier l’immense horreur d’écouter l’historienne et psychanalyste Elisabeth Roudinesco, invitée par Quotidien à s’exprimer sur les dérives identitaires, donner son avis sur « les dérives de genre » dans nos sociétés.

Dans son discours, Mme Roudinesco n’est pas très originale : ses arguments sont ceux qu’on nous ressert à toutes les sauces et qui ne font que prouver un manque d’éducation aux problématiques LGBTQIA+. Elle mélange allègrement sexe, genre et orientation sexuelle/romantique ; elle invisibilise l’intersexuation ; elle perpétue l’idée fausse que la communauté trans* cherche à abolir le concept de sexe biologique ; elle réduit la transidentité à « un changement de sexe » qui induit obligatoirement des thérapies hormonales lourdes et des opérations, ce qui lui permet ensuite de parler, vous l’attendiez, des enfants qu’il faut protéger. (« Maintenant, on a supprimé la différence anatomique au nom du genre. […] Vous vous sentez tout ce que vous voulez : vous êtes bisexuel·le·s, vous êtes fluide, vous êtes tout ça…  mais reste qu’il n’y a pas de troisième sexe. […] Ça a été abandonné, cette idée de faire changer de sexe des enfants prépubères avec des traitements. »)

Mais la cerise sur le gâteau, c’est bien ça : « Je trouve qu’il y a un peu une épidémie, aujourd’hui, de transgenres. Il y en a beaucoup trop… ». On notera tout d’abord la délicatesse du terme « épidémie de transgenres » alors que la transidentité n’est en aucun cas une maladie et que nous sommes au beau milieu d’une pandémie bien réelle et meurtrière. Cette rhétorique dangereuse promeut l’idée de la transidentité comme pathologie contagieuse qui détruit les corps et la société – argument favori des féministes transphobes. Et puis ensuite… « beaucoup trop » ? Beaucoup trop de quoi ? De personnes qui se sentent enfin libres d’être elles-mêmes, de s’exprimer comme elles le souhaitent, de revendiquer leur existence, leur légitimité, leurs droits fondamentaux ?

Nous sommes attristées et révoltées de voir Mme Roudinesco, figure de l’engagement contre le colonialisme, l’antisémitisme et l’homophobie, tenir un discours aussi réactionnaire, blessant et dangereux. Réactionnaire parce qu’il diffuse une vision éculée et des idées fausses, blessant parce qu’il déshumanise, dangereux parce que la déshumanisation rend légitime la violence et la discrimination. Et toutes ses tentatives de nuancer son propos ne changeront rien au mal qu’elle a fait. « Il ne faut pas les discriminer »: encore heureux, Elisabeth, mais la prochaine fois essaye de suivre tes propres conseils, car la transphobie tue.

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