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Sœur 1 : Bonsoir à toustes ! Nous ne sommes pas des tantes gênantes !
Sœur 2 : Enfin pas toutes ! Sœur 1 : Nous sommes les Sœurs de la perpétuelle indulgence du Couvent de Bas de Belgique ! Sœur 2 : Si vous ne nous connaissez pas, laissez-nous vous compter le début de cette blague. Sœur 1 : Tout a commencé un samedi, un dimanche ou un lundi de pâques (les historien·nes se disputent encore là-dessus) de 1979 à San Francisco. Quatre pédés s’embêtaient et, pour s’amuser, se sont déguisés avec des costumes de bonnes sœurs ayant servi à jouer La Mélodie du bonheur. Ils s’en vêtirent, prirent des pistolets à eau et se rendirent dans Castro, le quartier LGBTQ+ de la ville. Sœur 2 : Ils pensaient faire rire les copaines, mais ce qui s’est passé en ce jour a été au-delà de leur prévision, car en envoyant de l’eau (pas encore bénite), ils reçurent des confidences et des confessions. Le costume les avait anonymisés, permettant aux personnes de la communauté de parler en toute confidentialité de leur vie cachée d’homosexuel·les, de la honte ressentie, de l’homophobie vécue dans leur milieu pro, familial, social… Sœur 1 : Ces quatre pédales devinrent les petites sœurs de l’arc-en-ciel et, petit à petit, de cette blague en est sorti un ordre pauvre, agnostique et dérisoire de folles RA-DI-CALES. Sœur 3 : D’autres couvents s’érigèrent aux États-Unis, puis en Europe, dès nonante pour la France et les années 2020 [vinte] pour Bruxelles ! Sœur 4 : L’alliance du welsh et de la pêche au thon plus fort que la haine et les fachos.b Sœur 3 : Une alliance transpédégouines et bi·es aussi ! Sœur 1 : Et même avec des hétéros, on n’est pas sectaire ! Sœur 4 : LGBTQIA+… On sait bien que notre sigle a pas d’allure, mais on est fier de tout notre alphabet et il n’existe pas de solidarité sans les T ! Sœur 3 : Depuis 4 ans, avec constance, camaraderie et empathie, cher·e TSFB, vous nous le rappelez. Sœur 4 : Nous sachons aussi que la solidarité ne se fait pas sans monnaie et que si chaque mois des adelphes bénéficient de votre aide, c’est par le miracle du ruissellement ! Sœur 3 : Ma Sœur, quand ça vient d’en bas, on parle de l’évaporation. Sœur 4 : Très bien, alors ce soir, évaporons ensemble pour remplir les caisses du TSFB ! Que vous soyez kiffeurs/kiffeuses ou non, suez de l’argent pour cette levée de fionds et bourrez la cochonne ! Sœur 5 : Si vous ne pouvez pas contribuer par de la monnaie sonnante et trébuchante… Sœur 6 : C’est pas à la portée de tout le monde de bourrer les troncs d’église comme Pierre-Édouard Stérin. Sœur 5 : Les moyens pour filer un coup de main au TSFB sont multiples : coller leurs stickers, organiser des événements en leur faveur, relayer les infos de leurs comptes et parler d’elleux autour de vous ! Sœur 6 : Enfin tout ça on peut le faire si on a la motivation, qu’on réussit à prendre soin des un·es des autres. En faisant communauté on peut parvenir à traverser le quotidien. Sœur 5 : Les fantastiques groupes de ce soir le chantent à merveille, que ce soit l’amour de soi à soi quand on s’autogynéphile. Sœur 6 : On se croise dans le miroir, ça donne un peu chaud et quand on s’aborde dans la rue, on prend notre numéro. Sœur 5 : Puis si vous débordez d’amour pour vos ami·es, don’t forget to worship their titties, worship their cock, or even their pussies. Sœur 6 : Peu importe votre genre, femme, homme, hélicoptère de combat, prince ou princess, your pronouns can be her majesty or whatever you want. Sœur 7 : Toustes ensemble, ce soir, remémorons-nous que danser = vivre, que militer, c’est aussi s’amuser pour se retrouver, créer des solidarités, parce que nous ne sommes pas seul·es. Sœur 8 : Si nous louons Sainte-Pouffe que le TSFB fête ses 4 ans, nous la prions toute autant pour qu’un jour vous n’ayez plus besoin d’exister, qu’un jour la société soit enfin ajustée, comme vous le dites. Sœur 7 : En attendant cette heure bénie du Grand soir, pour un monde qui chante et qui danse, où règnent enfin l’amour et la joie, la Perpétuelle Indulgence continue avec vous son divin combat ! Sœur 8 : Il est maintenant venu le temps de la bénédiction ! Sœur 7 : Par les pouvoirs que nous nous sommes conféré·es, et par ce que vous le valez bien, nous vous plaçons sous la très haute bienveillance de : Sœur 8 : Sainte Pouffe, Patronne des Couvents de France Sœur 7 : Sainte Sapho, Patronne des filles qui aiment les filles Sœur 8 : Sainte Tapiola, Patronne des garçons qui aiment les garçons Sœur 7 : Sainte Cyclette, Patronne des biEs Sœur 8 : Saint Jean d’Arc, Patron des Transgenres Sœur 7 : Sainte Herculine, Patron des Intersexes, Sœur 8 : Saint Hole, Patron de nos douleurs Sœur 7 : Saint Glitter, Patron de nos paillettes Sœur 8 : Sainte Etyk, Patronne de nos fourrures Sœur 7 : Saint Doux, Patron des formes généreuses Sœur 8 : Sainte-Lassie, chienne entre les chiennes Sœur 7 : Sainte Rita, patronne des causes désespérées et donc des hétéros Sœur 9 : Nous vous plaçons sous la très haute protection de nos guides stellaires : nos ami·es, familles, amant·es et héro·ïnes qui nous regardent depuis le Paradisco quelque part au-delà de l’arc-en- ciel. Sœur 10 : Alors aimez-vous les uns les autres, sous la sainte protection de : Saint Latex, Saint Gel À queues, Saint Fémidon, Sainte Digue Dentaire, Sainte Seringue et Sainte Rouletapaille à usage unique, Saint gant de latex, Sainte PreP et de Sainte Trithérapie. Amen, and a women, and all the others ! Pour soutenir le TSFB : https://www.tsfb.be/fr/ Cliquez ici pour modifier un élément.. Le 2 Juin 1975, des travailleuses du sexe s’organisent à Lyon pour occuper l’église Saint-Nizier. Elles y dénoncent le harcèlement policier qu’elles subissent depuis plusieurs années, avec des amendes indécentes et des peines de prison.
L’initiative rallie, avec de nouvelles occupations de basiliques ou églises, mais aussi des TDS d’autres régions qui viennent les aider. Cette solidarité dans la lutte va au-delà de leur cercle. Les ecclésiastiques soutiennent les militantes, les gens du quartier leur apportent de quoi tenir et des convergences de lutte s’organisent. À l’occasion des 50 ans de l’occupation de Saint-Nizier, Cybèle et Vladimyyr ont rédigé un fanzine pour retracer ces événements et précisent que des femmes trans étaient engagées dans la lutte ou que des militants gays de Lyon apporteront leur soutien (https://tullia.fr/). Aujourd’hui encore, nous continuons et continuerons de marcher et lutter avec nos sœurs et frères de trottoir. «Il y a urgence à penser nos formes d’affection jusqu’à la mort, ce que les hétéros ont institutionnalisé depuis longtemps. Je ne retournerai pas mourir chez maman.»
Daniel Defert, Lettre proposant la création de AIDES, 25 septembre 1984 Cher Daniel, Aujourd’hui ont lieu tes obsèques. Tu n’habitais pas seul avec maman, dans un très vieil appartement, rue Sarasate. Dès les années 1960, tu vivais avec Michel, dans un vaste appartement, rue Vaugirard. Avec ton daddy auteur de Surveiller et punir, vous vous êtes aimés près de 20 ans. Unis dans la (tur)lutte des classes, vous militiez aux côtés de la gauche prolétarienne et défendiez les droits des prisonniers, avec le Groupe d’information sur les prisons. Et puis… Et puis si s’aimer d’amour, c’est mourir d’aimer, alors Michel a beaucoup aimé. Toi, ses amants, ses rencontres d’un soir. Début des années 1980, vous saviez peu de choses sur le VIH et le SIDA. Quand il est hospitalisé, Foucault pense que c’est autre chose. La réalité lui donnera tort. Tu restes, à ses côtés, puis à nos côtés. Veuf depuis moins de 6 mois, tu crées AIDES et enjoins les personnes à te rejoindre. Tu assures la présidence jusqu’en 1991 et, contrairement à beaucoup d’ami·es, ce n’est la maladie qui t’emporte. Tu poursuis la lutte contre le VIH/SIDA et participe à l’édition de travaux de ton concubin. Le temps t’a permis de devenir toi-même un daddy, voire un granddad, plus vieille que notre Ordre, plus vieille que la pandémie. Nos vœux sont communs et nos luttes sont intriquées. Nous nous retrouverons : pour célébrer nos adelphes au Paradisco, pour unir les cornettes et les TROD et pour promouvoir la joie omniverselle dans les manifs. Salut copine et merci pour tout, Le Couvent du Nord Lucas.
Pédés, tapettes, tantouzes et autres folles te pleurent aujourd’hui. Ces insultes qui nous ont blessé, qui toi t’ont tué, font partie de nos souvenirs communs. Avant même le premier baiser, avant même la première amourette. Les harceleur·ses t’ont enlevé le meilleur. Le moment où on découvre qu’on n’est pas seul ; qu’être efféminée, maniérée, flamboyante est une fête, celle que l’ont fait entre adelphes, celle où on sait que sous les paillettes se trouvent la rage et les blessures. Pour autant, nous savons que des copines t’attendent au Paradisco, Guillaume T., Dinah et toustes les autres. Aujourd’hui, nous aimerions que la contre soirée au Paradisco cesse. Nous ne voulons plus égrener nos rosaires, pour pleurer nos mort·es. C’est d’autant plus insupportable quand on voit les « hommages » rendus par celleux qui défilaient en première ligne avec la Manif pour tous, mouvement incitant à la haine LGBTQ+. Lucas, en ce jour nous te faisons le dernier adieu, que les portes du Paradisco te soient grandes ouvertes, que la fête pour toi soit éternelle, les tiennent t’attendent, prêtes à t’accueillir tel que tu es. Cher Guillaume,
Tu avais 20 ans. Tu étais plus jeune que notre ordre, que notre Couvent, que n’importe laquelle d’entre nous. La logique aurait donc voulu que nous arrivions avant toi au Paradisco, où nous t’aurions préparé une fête digne de ce nom, mais tu nous as devancé. Fin janvier, tu as eu le courage de raconter ton viol, de dénoncer tes agresseurs, dont Maxime Cochard, conseiller PCF à la Mairie de Paris, qui n’a eu pour unique réponse que de porter plainte pour diffamation. Cette mairie qui est décidément bien accueillante avec ses agresseurs, puisque Christophe Girard, accusé d'agression sexuelle, et soutient de l'écrivain pédophile Gabriel Matzneff, a repris son poste en décembre, alors qu’Alice Coffin, qui a pris position contre Christophe Girard, a elle bien été lynchée sans excuse. Mais toi, lorsque tu as parlé, tu as été une étincelle pour des milliers avec le #MeTooGay. Tu es devenu notre jeune homme en feu et c’est ce portrait que nous voulons garder de toi. Celui d’un militant radical, prêt à soulever les foules. Parce qu’il faut souligner ta dernière action avec tes potes, pas la moindre : grâce à votre rage et votre amour, vous avez mobilisé 4000 personnes sur le parvis de cette mairie honnie pour dire oui à la PMA pour tou·tes et ça, c’est sublime. Si aujourd’hui nous te pleurons, nous savons que demain nous nous retrouverons. Alors, muni de la couronne de lumière que tu portais à noël, nous espérons que tu sauras nous faire un accueil dont Sainte Pouffe se souviendra pour longtemps. Nous poursuivrons le poing levé, ensemble pour te célébrer, pour que les victimes ne soient plus silenciées et que les agresseurs cessent de triompher. |
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Avril 2026
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